Le Maroc a-t-il
assez d’eau pour demain ?
Barrages, sécheresse, agriculture, dessalement et disparités régionales : explorez les données pour comprendre les défis hydriques du Royaume.

L’avenir que l’on prépare.
Sur une rive, le niveau de l’eau semble raconter toute l’histoire. Il n’en raconte qu’une partie. Un barrage stocke une ressource qui dépend des apports, des usages et de la saison. Il ne mesure ni la totalité des nappes, ni l’eau qui arrivera demain.
Pour comprendre la situation hydrique du Maroc, il faut changer d’échelle : regarder les retenues, suivre leur évolution, distinguer les besoins et voir où se construisent les nouvelles infrastructures.
Ce reportage est un prototype de journalisme de données. Les observations sont datées ; les absences restent visibles ; les scénarios sont explicitement hypothétiques.
Le Maroc vu depuis
ses réserves d’eau.
Choisissez un bassin, puis comparez deux dates. Les fichiers du Tensift documentent cinq barrages ; les autres ouvrages ne sont affichés qu’à la mesure des sources intégrées.
Ce que retiennent les barrages
Observations datéesChargement de la carte…
Déplacez la carte, utilisez + / − pour zoomer ou choisissez un ouvrage dans la liste. Deux barrages du fichier Tensift restent dans la liste : leurs coordonnées n’ont pas été vérifiées.
Voir les données des barrages sous forme de tableau
| Barrage | Capacité normale | Date A : taux | Date B : taux | Écart (points) |
|---|
Fond : geoBoundaries / OpenStreetMap, ODbL. Limites de la source à titre indicatif, sans préjuger d’un statut territorial. Points d’ouvrages indicatifs, pas un relevé technique.
La réserve change.
L’échelle compte.
Une année humide ne fait pas disparaître une tendance sèche. Et une remontée nationale peut coexister avec la baisse d’une retenue particulière.
Les réserves, au fil des dates
Consulter la série en tableau
| Date | Réserve (Mm³) | Taux (%) |
|---|
Six années sèches
consécutives.
La DGM décrit 2024 comme la sixième année consécutive de sécheresse. Elle mesure une moyenne nationale de 147,7 mm et un déficit de 24,7 % par rapport à 1991–2020.
DGM, État du climat 2024, p. 10. Ce repère climatique n’est pas une mesure du stock des barrages.
La pluie peut changer
la photographie.
Les déclarations gouvernementales donnent 31,1 % au 12 décembre 2025, puis 55,25 % au 28 janvier 2026. Le graphique montre ces deux observations, sans inventer les journées intermédiaires.
Un répit,
pas une garantie.
La DEPF relève 71,6 % le 16 mars. Le ministre annonce 75 % le 13 avril. Ce sont des instantanés nationaux ; leur périmètre n’est pas nécessairement identique à celui d’un fichier d’agence.
Revenir au détail
des retenues.
Le fichier Tensift permet de suivre cinq ouvrages jour après jour. Le volume total est rapporté à la somme de leurs capacités normales : une moyenne pondérée, et non la moyenne simple des pourcentages.
ABH Tensift. La courbe ne représente pas l’ensemble des réserves marocaines.
Prélever n’est
pas consommer.
L’eau pompée ou dérivée n’est pas toujours consommée intégralement. Une partie peut être restituée au milieu ou réutilisée. Les volumes disponibles, les demandes et les prélèvements décrivent des réalités différentes.
À quels usages l’eau est-elle prélevée ?
Repère historique • 2000Ressource
L’eau disponible dans un milieu ou un système, sur une période donnée.
Prélèvement
L’eau retirée d’une rivière, d’une nappe ou d’une autre source pour un usage.
Consommation
La part qui n’est pas restituée au milieu considéré, sur la période considérée.
Voir les volumes sectoriels et les limites
| Secteur | Volume | Part calculée |
|---|
Le total national est de 12 607 Mm³. Les usages domestiques regroupent ici les collectivités urbaines et rurales. « Autres » n’est pas ventilé dans cette source : aucune valeur zéro n’est déduite.
Ce repère ancien explique une structure des usages. Il ne décrit pas la répartition actuelle de l’eau au Maroc. Une ventilation comparable pour 2026 n’a pas été intégrée à ce prototype.
L’eau disponible.
L’eau accessible.
La présence d’eau dans un bassin ne garantit pas un raccordement au domicile. Pour comparer les territoires, nous utilisons un indicateur documenté par le recensement : le raccordement des ménages ruraux au réseau public d’eau potable.
Un accès au réseau très inégal
HCP • RGPH 2024Six régions sont documentées ici : quatre valeurs exactes et deux bornes « plus de 86 % ». Les autres restent grises. Ce n’est pas une carte du stress hydrique.
Maroc • RGPH 2024. Le raccordement n’est pas la mesure exhaustive de tous les modes d’accès à l’eau potable.
Comparer les régions en tableau
| Région | Indicateur | Nature de la valeur |
|---|
Découpage geoBoundaries / OpenStreetMap. Les limites et les indicateurs suivent leurs sources respectives ; les données ne sont pas interpolées entre régions.
La mer devient
une autre source.
Le dessalement diversifie l’approvisionnement. Mais une capacité annoncée n’est pas une production livrée. Le statut, la date de la source et le périmètre de chaque projet doivent être lus ensemble.
Des installations, des chantiers, des annonces
Inventaire partiel et datéLes positions correspondent à des secteurs géographiques indicatifs, pas aux emprises exactes des usines. Statuts selon les documents cités ; aucune mise en service ultérieure n’est présumée.
Choisissez un jalon pour lire le statut et le calendrier du projet.
Voir les capacités, statuts et calendriers
| Installation | Statut daté | Capacité | Calendrier documenté |
|---|
Dessaler, c’est aussi traiter une eau salée, mobiliser de l’énergie et gérer un rejet concentré. Cette carte montre des capacités et des programmes ; elle ne compare ni leurs coûts complets, ni leurs impacts environnementaux.
Et si l’on changeait
les paramètres ?
Moins de pluie, plus de demande, davantage de production non conventionnelle : un exercice pour comprendre les mécanismes, pas pour prédire les réserves du Maroc.
Construisez un scénario pédagogique
Modèle fictif • aucune prévision officiellePoint de départ entièrement fictif : 100 unités d’offre, dont 70 dépendantes du climat et 30 non conventionnelles, pour 100 unités de demande. Une période abstraite, sans unité géographique réelle.
Comprendre les hypothèses et la formule
Offre climatique = 70 × max(0 ; 1 + variation de pluie × 0,5). Offre non conventionnelle = 30 × (1 + variation de capacité). Demande = 100 × (1 + variation de demande). Solde = offre totale − demande. Les variations sont des fractions : −20 % = −0,20.
Le coefficient 0,5 est une hypothèse pédagogique arbitraire, pas une estimation hydrologique. Le modèle suppose la capacité productive entièrement disponible. Il ignore les nappes, les transferts, les stocks initiaux, l’évaporation, les débits environnementaux, l’énergie, les coûts et la qualité de l’eau. Un solde positif ne garantit aucun approvisionnement réel.
Source : modèle éditorial de démonstration. Tous les volumes sont fictifs. Les données observées des chapitres précédents ne calibrent pas ce modèle.
Ce que les données disent.
Et ce qu’elles ne disent pas.
Les jeux disponibles ne couvrent ni les mêmes années, ni tous les ouvrages, ni toutes les régions. Ce reportage conserve les unités et les dates de chaque source. Un chiffre absent n’est jamais remplacé par zéro.
Les documents peuvent être actualisés après notre consultation. Cette version est un instantané documenté du prototype, pas un tableau de bord temps réel.